La destruction de l'environnement favorise l'apparition de maladies » santeplus | Bloguez.com

 La destruction de l'environnement favorise l'apparition de maladies

30/8/2008


La destruction de l'environnement favorise l'apparition de maladies

Selon un zoologiste canadien, la destruction de l’habitat par les êtres humains et l’extinction d’espèces partout dans le monde ne sont pas seulement les prémisses d’une catastrophe environnementale. Ces dommages écologiques constituent également une menace pour la santé humaine en faisant des parasites de « véritables bombes à retardement inhérentes à l’évolution ».

Daniel Brooks, parasitologue de l’University of Toronto, considère qu’il y a un lien entre le déclin de la biodiversité mondiale et l’apparition de nouvelles maladies qui touchent les êtres humains et la faune, comme le virus du Nil occidental et la grippe aviaire.

« La crise de la biodiversité va au-delà de l’extinction d’espèces, déclare le scientifique, dont les travaux de recherche de pointe sur la systématique des parasites bénéficient de l’appui de Recherches en sciences et en génie Canada (CRSNG). Il y a déjà eu des bouleversements climatiques ou des extinctions massives qui ont poussé des espèces à quitter leurs régions d'origine et favorisé l'apparition de maladies. Les parasites avaient déménagé et trouvé refuge chez de nouveaux hôtes. »

M. Brooks présentera ses derniers résultats de recherche dans le cadre d’une tribune sur la systématique environnementale à la réunion annuelle de 2005 de l’American Association for the Advancement of Science, qui se tiendra à Washington, D.C.

Le chercheur a passé la plus grande partie des dix dernières années à faire son chemin dans les forêts presque impénétrables du Costa Rica à la recherche de parasites. Depuis 1996, il coordonne le groupe de travail sur la taxinomie des parasites pour l’Inventaire de la biodiversité (ATBI), initiative scientifique et économique internationale destinée à aider les pays en développement à préserver leur biodiversité.

Dans la réserve naturelle de Guanacaste au nord-ouest du Costa Rica, un des sites du patrimoine mondial des Nations Unies de 1 000 km2, qui renferme des habitats, depuis la forêt tropicale humide jusqu’à la savane, l’ATBI documente quelque 250 000 espèces de plantes et d’animaux, autant dire tout, depuis les virus jusqu’aux jaguars.

Pour sa part, le chercheur a étudié les parasites chez plus de 4 000 individus de diverses espèces, des grenouilles aux chevreuils. À ce jour, il a découvert plus de 5 000 types de parasites différents et créé l’un des répertoires de parasites les plus complets du monde. Fait notable, plus des deux tiers de ces entités microscopiques sont nouvelles pour la science.

Mais M. Brooks fait valoir que le véritable travail ne fait que commencer. Les chercheurs n’ont encore qu’une connaissance fort médiocre, voire nulle, du rôle que jouent ces milliers de parasites dans différentes maladies, et ils ne parviendront à mieux le connaître que s’ils arrivent à mieux comprendre leurs cycles de vie souvent complexes auprès d’hôtes multiples.

« Il est extrêmement difficile de lier ces choses entre elles, déclare-t-il. C’est un travail très long et fastidieux, mais sans ces données, nous ignorons comment ces parasites sont transmis. »

Et comme il nous l’indique, sans la systématique fondamentale et l’information taxinomique sur ces parasites, nous ne serions pas en mesure de faire des prévisions et, par conséquent, de prévenir les nouvelles maladies parasitaires.

« À l’heure actuelle, nous nous contentons de réagir à tâtons chaque fois qu’une maladie inconnue nous prend au dépourvu et nous appelons cela de la gestion, déclare M. Brooks. Nous sommes toujours en retard d’une mesure, faute de connaître l’origine de ces maladies. »

À vrai dire, même si des maladies parasitaires comme le paludisme sont bien connues, nous n’avons peut être recensé qu’une fraction du nombre total de parasites présents sur la planète, et l’idée de les répertorier pose un énorme problème technique. Comme les caractéristiques physiques de nombreux parasites sont très similaires, M. Brooks et ses collègues utilisent les derniers outils de la taxinomie moléculaire pour les classer d’après leurs caractéristiques génétiques.

« Ces entités sont des bombes à retardement inhérentes à l'évolution, selon M. Brooks. Il n’y a rien de nouveau là-dedans, c’est quelque chose qu’on sait depuis longtemps, mais dans le contexte actuel, les êtres humains favorisent cette situation. Ces petites bombes à retardement risquent de nous sauter au visage et de laisser des traces. »
Personne-ressource :

Daniel Brooks
Département de zoologie
University of Toronto
Toronto (Ontario)
Tél. : (416) 978-3139
Courriel : dbrooks@zoo.utoronto.ca

source: http://www.crsng.gc.ca

Category : ENVIRONNEMENT/ECOLOGIE | Write a comment | Print

Comments

| Contact author |