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 Ces plantes qui nous guérissent

23/9/2008


Ces plantes qui nous guérissent

Article écrit par les élèves de Philippe de Vigneulles, Metz.

« Savez-vous que 40% des médicaments sont fabriqués à partir de plantes ? ». C’est la question avec laquelle Jacques Fleurentin commence notre entretien, au milieu des plantes de la serre chaude de Woippy. « Par exemple, l’aspirine que vous connaissez tous, est extraite de la reine-des-prés. En France, on utilise deux cents plantes médicinales. »
Jacques Fleurentin est ethnopharmacologue. « Ethnopharmacologie » vient de « Ethno »,  peuple, et « pharmacologie », étude des médicaments, de leur action et de leur emploi. L’ethnopharmacologie est donc l’étude de l’action des médicaments dans les différents peuples. Jacques Fleurentin s’intéresse particulièrement aux plantes médicinales et cherche à savoir avec quelles plantes soigner une maladie selon les différents peuples de notre planète.
Nos questions sont nombreuses et c’est avec le sourire et une grande gentillesse qu’il nous répond. « Pourquoi certaines boissons nous excitent-elles ? » demande Valentin. « Parce qu’elles contiennent des substances stimulantes, comme la caféine ou la théine. Savez-vous de quelles plantes ces substances sont extraites ? Il y en a six. » Nous trouvons facilement le café et le thé. Il complète : « La noix de cola, le guarana, le cacao et le maté, surtout connu en Amérique. »

A l’inverse, pour les personnes nerveuses, les plantes comme le tilleul et l’eschscholtzia ont des vertus apaisantes. « Connaissez-vous d’autres plantes médicinales ? » Nicolas cite : « L’arnica. C’est bon contre les coups. »
Ce n’est pas avec n’importe quelle partie de la plante qu’est fabriqué un médicament. Par exemple, la racine du pissenlit a des vertus diurétiques, c’est-à-dire qu’elle augmente la formation d’urine pour faciliter l’élimination des toxines. En revanche les feuilles que nos grands-mères cueillent pour en faire des salades n’ont qu’un intérêt alimentaire.
« Il ne faut pas modifier les doses des médicament que vous prescrit votre médecin, nous avertit Jacques Fleurentin. Sous-dosé, le médicament n’est pas efficace. Sur-dosé, non seulement il n’est pas plus efficace, mais il peut même être toxique car certains médicaments sont fabriqués à partir de plantes très dangereuses. »

Avant de quitter Jacques Fleurentin, nous l’interrogeons sur son parcours professionnel. « Je suis docteur en pharmacie. J’ai enseigné pendant 12 ans à l’Université de Metz où j’ai ouvert un laboratoire de recherche sous la direction de Jean-Marie Pelt qui avait été mon professeur lorsque j’étais étudiant. » En 1986, il a créé la Société Française d’Ethnopharmacologie, dont le siège se trouve au Cloître des Récollets à Metz, où il travaille bénévolement deux matinées par semaine. Deux fois par an, il effectue des voyages d’études dans différentes parties du monde, par exemple pour étudier les pratiques des guérisseurs en Afrique.
Interview menée par Charlélie, Nicolas, Pauline et Valentin, élèves de 5e2 au Collège Philippe de Vigneulles à Metz.

10 ans et 1 milliard d’euros !
Si les guérisseurs africains testent directement sur leurs malades les médicaments qu’ils préparent à partir des plantes, chez nous c’est strictement interdit. Il faut d’abord faire des tests d’efficacité et de toxicité en laboratoire, sur des animaux, puis sur des cellules d’organes humains pour bien étudier les effets secondaires. C’est seulement une fois que l’on connaît bien tous les effets et les risques que l’on peut procéder à des « tests cliniques » sur des humains. « Combien de temps faut-il et est-ce que cela coûte cher ? », demande Pauline. La réponse de Jacques Fleurentin nous impressionne : « Pour un médicament très simple, trois mois peuvent suffire. Mais cela peut demander jusqu’à 10 ans de recherche et 1 milliard d’euro avant de pouvoir commercialiser un médicament important, comme pour soigner le sida ou le cancer. » C’est pourquoi il ne faut prendre aucun retard lorsque le risque d’une épidémie apparaît. D’ailleurs, deux mois avant que le chikungunya ne commence ses ravages, Jacques Fleurentin était allé à l’île de La Réunion où il avait déjà conseillé à ses collègues de recenser toutes les plantes qui pouvaient soigner cette maladie.


source: http://www3.ac-nancy-metz.fr

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