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 "Le couple, l'amour et la reconnaissance"

19/11/2008



"Le couple, l'amour et la reconnaissance" 

 

 chronique de Ghaleb Bencheikh parue dans le quotidien algérien El Watan du 30 septembre 2007

 Outrepassant les limites imposées par une pudibonderie affectée, nous aborderons dans la chronique d'aujourd'hui les relations maritales et leurs dimensions affective et charnelle.

En effet, les liens entre époux dans le cadre idéal reconnu que constitue le mariage sont consolidés par l'amour. Ces liens doivent permettre au désir de trouver sa pleine satisfaction dans la plénitude d'une union mature qui lui donne toute sa grandeur humaine, conforme à une conception ouverte et épanouie d'un amour physique conjugal non restreint à la procréation. Le plaisir donné et reçu prend, de surcroît, une valeur d'acte de piété et la chambre nuptiale se voit érigée en sanctuaire de l'intimité, temple consacré des ébats joyeux. Le rôle de l'épouse amante y est actif et positif. Une vie sensuelle réussie contribue à la réussite du couple et au bonheur de la famille. L'échec est une cause suffisante pour l'épouse infortunée de demander le divorce, qui lui sera accordé par le juge, en vertu de la fameuse sentence « assure et assume sinon libère et délie ». Les exemples abondent dans l'histoire et remontent jusqu'au temps de la prédication mohammadienne.

Par ailleurs, avant la régression tragique à laquelle nous assistons depuis des décennies, toute une éthique des rapports charnels est enseignée aux époux afin qu'ils prennent conscience de ce qu'ils se doivent, l'un l'autre, dans le cadre de leur relation intime. Cette valorisation du plaisir, jugée licencieuse de l'extérieur, est aujourd'hui battue en brèche par les images de femmes bafouées, niées, humiliées ou violentées, que nous renvoient les complaintes sourdes ou stridentes venues d'Afghanistan, d'Arabie Saoudite, d'Iran, du Nigeria et des banlieues des villes européennes. Où est donc passé le hadith qui définit « Le plus parfait des croyants est celui qui, avec ses qualités morales, est très doux avec sa femme ? » C'est en cela que le Prophète a considéré les qualités des rapports conjugaux comme la jauge à l'aune de laquelle on peut apprécier la vraie nature des hommes. C'est le critère de base qui permet de juger du bon caractère.

Schématiquement, la vision extérieure de la femme musulmane oscille entre turqueries, danses du ventre et voiles vaporeux et arachnéens couvrant à peine des femmes lascives et ondoyantes, d'une part, et femmes battues, effacées, annihilées par les burqas ou marchant trois pas derrière le mari, quand il arrive à l'infortunée épouse de sortir de sa « maison prison », d'autre part. Occultée par ces divers écrans, la Femme musulmane n'est souvent, dans une représentation occidentale conditionnée, que valorisée comme support de fantasmes exotiques qu'elle inspire, ou dépréciée par les sévices odieux qu'elle subit. Au-delà de ces images, relevant dans certaines contrées d'une affligeante réalité : Saoudiennes interdites de conduite automobile ; dégradation du sort des femmes en région subsaharienne ; regain d'un esclavage qui ne dit pas son nom dans le Golfe arabo-persique, ce problème épineux doit être examiné dans son hétérogénéité historique et sa complexité contemporaine.

Encore une fois, nous autres musulmans ne sortirions de l'ornière que si les relations hommes/femmes au sein de nos sociétés étaient fondées sur l'amour et la reconnaissance.

Ghaleb Bencheikh

 

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