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 Anesthésie écorégionale échoguidée

29/4/2009

Anesthésie écorégionale échoguidée

Une technique révolutionnaire introduite en Algérie

Plus d’une cinquantaine d’anesthésistes algériens de dix-huit centres hospitaliers du pays ont participé, hier, à une journée de formation sur l’anesthésie locorégionale périphérique échoguidée animée par l’éminent professeur Luc Mercadal à l’hôtel Sofitel, à Alger.

Organisée par l’unité d’anesthésie du service de chirurgie orthopédique de l’hôpital de Ben Aknoun en étroite collaboration avec le laboratoire B/Braun Algérie et General Electric, cette première journée de formation, à la pratique de la technique, a pour objectif d’initier les médecins algériens à une technique qui est aujourd’hui en plein essor dans le monde.

Après une communication théorique sur le procédé, des explications ont été données par le conférencier sur des volontaires. La technique consiste à utiliser l’échographie pour visualiser les nerfs que l’on cherche à endormir. Elle apporte confort et sécurité, selon le Pr Mercadal. L’anesthésie locorégionale est souvent utilisée pour les opérations orthopédiques qui touchent les membres supérieurs ou inférieurs, comme la main, l’épaule ou le coude. Grâce à un appareil échographe spécifique, l’anesthésie se fait d’une manière précise et sans tâtonnement. « L’échographie permet de visualiser l’aiguille, de la diriger vers le nerf ou la zone de diffusion et d’observer la répartition de l’anesthésique local au contact de la structure nerveuse », a-t-il indiqué. Les techniques d’anesthésie évoluent rapidement ; ce qui permet d’abandonner graduellement l’anesthésie générale qui comporte, selon les spécialistes, beaucoup d’inconvénients pour le patient et l’équipe chirurgicale.

Cette technique novatrice ne permet plus d’agir en « aveugle », mais de visualiser avec davantage de précision et en temps réel le nerf à endormir ainsi que les vaisseaux avoisinants, réduisant ainsi les risques de complications, telles les lésions nerveuses, nous a expliqué le conférencier. Avant cette nouvelle technique, d’autres procédés ont également été adoptés, tels que la neurostimulation pratiquée aujourd’hui par beaucoup d’anesthésistes algériens. « Avant d’injecter les agents anesthésiques au bon endroit, les anesthésistes détectaient le nerf à endormir en le stimulant par un courant électrique. Ils observaient alors avec le patient, le mouvement involontaire de la partie du corps sollicitée qui les informait de la précision et de l’efficacité de leur geste.

L’agent anesthésique était alors déposé à proximité du nerf avant l’intervention chirurgicale », a indiqué le Pr Mercadal. « Avec l’échographie, nous visualisons le nerf en temps réel, le geste est alors beaucoup plus précis. De plus, nous pouvons identifier les structures à proximité (veines, artères…) et les éviter », a-t-il ajouté en précisant que c’est un un acte ciblé et donc plus efficace, qui peut-être étendu en post-opératoire pour la prise en charge de la douleur. « En lançant son programme de formation en neurostimulation depuis juin 2007, B/Braun Algérie a formé plus de 200 anesthésistes dans plus de 20 structures hospitalières, la plupart à l’intérieur du pays », a indiqué Selim Baïri, responsable Hospital Care au niveau du laboratoire. « Soucieux de développer la formation continue des anesthésistes en Algérie, B/Braun et sa division hospital care récidivent en collaboration avec general electric et toujours sous la direction du Dr Mercadal avec la formation par l’alliance de la neurostimulation et de l’échographie. Nous avons organisé ce workshop. C’est aussi une première en Algérie. L’objectif de ces formations est de banaliser ou de démocratiser cette technique pour le bénéfice des patients algériens, en évitant tous les risques d’une anesthésie générale, a expliqué Hadj Hassen, general manager de B/Braun. C’est aussi permettre aux médecins algériens d’être aux faits actuels des nouvelles technologies. » « Nous espérons que ces journées de formation se pérennisent et que ce groupe puisse transmettre ce savoir-faire à d’autres médecins algériens, puisque nous nous inscrivons dans une démarche et un soutien pédagogique », a-t-il conclu.

 

Dr Luc Mercadal : « Cette technique offre confort et sécurité »

- Qu’est-ce que l’anesthésie locorégionale échoguidée (ALR). en quoi consiste cette technique ?
- C’est simple, on se sert de l’appareil échographique pour visualiser les structures nerveuses, on approche l’aiguille et on injecte autour du nerf. Cette technique, introduite en France en 2006, permet de visualiser les structures anatomiques et permet un meilleur contrôle dans le déplacement de l’aiguille et de l’anesthésie locale. Une technique qui ouvre les yeux pour l’anesthésiste pour mieux travailler. C’est comme donner des yeux à un aveugle.

- Quelle est la différence entre l’anesthésie générale et l’anesthésie locorégionale échoguidée et la neurostimulation ?
- Dans l’anesthésie locorégionale échoguidée, l’injection est uniquement en contact du nerf que l’on veut anesthésier, ce qui entraîne une anesthésie sous- jacente du membre périphérique. Cette technique, qui offre une grande sécurité, permet d’opérer des patients multitarés et même ceux qui sont dans un état précaire, notamment les personnes âgées. Par contre, l’anesthésie générale peut provoquer divers problèmes. Elle entraîne des risques spécifiques, notamment la fonction respiratoire, cérébrale et le débit sanguin. Ce n’est pas le cas de l’anesthésie locorégionale périphérique qui permet aussi de traiter la douleur en injectant des drogues de longue durée. La neurostimulation consiste à envoyer un petit coup de courant qui entraîne un mouvement musculaire et qui permet d’identifier le nerf. Les médecins algériens sont déjà initiés à ces nouvelles techniques d’avant-garde. Ils sont très avancés par rapport à leurs collègues du Maghreb, et même à certains Européens.

- Quels sont les patients qui peuvent en bénéficier ?
- Tous les patients peuvent en bénéficier. Il n’y a pas de limite. Cette technique est pratiquée chez les enfants, les adultes et les personnes âgées. Elle offre le confort et la sécurité. Elle est indiquée pour la chirurgie orthopédique et la chirurgie vasculaire. La chirurgie du membre supérieur peut être faite à 90% en ambulatoire grâce à cette technique qui permet de réduire les coûts de prise en charge, notamment l’hospitalisation.

- A-t-elle des effets secondaires chez certains patients ?
- Il peut y a avoir des risques évidemment, mais qui sont très modérés, en partie jugulés grâce à l’échographie qui sert énormément le médecin anesthésiste et qui sert à d’autres accès, notamment vasculaires.

Par Djamila Kourta

 

Source : http://www.elwatan.com

 

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