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 53% des femmes et 36% des hommes souffrent de surpoids

5/8/2009

53% des femmes et 36% des hommes souffrent de surpoids
L’obésité gagne du terrain en Algérie

Selon l’OMS, environ 53% des femmes et 36% des hommes, en Algérie, souffrent de surpoids ou sont obèses. Le phénomène n’épargne guère les enfants. La tendance à la surcharge pondérale est plutôt à la hausse dans une société encline à la sédentarité et à une consommation abusive des produits fast-food. Dans l’entendement populaire, “être bien en chair” n’est guère une maladie, mais un signe d’aisance financière et de bien-être.


Enveloppée dans une robe d’intérieur ample, coupée dans un tissu fin, Mme Hasnia B. peine à rejoindre le divan. Elle s’attelle à s’y installer confortablement, essoufflée par le menu effort qu’elle vient de consentir. Sa respiration est de plus en plus saccadée. Elle fait un geste vers la fenêtre qu’elle trouve déjà largement ouverte. Un rictus se dessine aussitôt au coin de ses lèvres. La chaleur l’éprouve fortement. Il est vrai que la canicule de ce début du mois de juillet (au moins 40° à l’ombre) est particulièrement pénible à Fréha, une commune enclavée entre le chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou et Azzefoun. Mme B. souffre davantage de l’inclémence de la température à cause de la surcharge pondérale qu’elle porte comme un lourd fardeau. La dame, entre deux âges, incarne parfaitement l’image de l’obésité sévère. L’on ne connaît d’ailleurs pas son poids réel. On l’évalue à plus de 130 kg, le maximum que peut mesurer la balance conventionnelle. Mère de 14 enfants, Hasnia, âgée de 54 ans, s’est installée progressivement dans le surpoids jusqu’à atteindre le stade de l’obésité extrême, dix-sept ans plus tôt. À partir de là, des ennuis de santé ont commencé à apparaître. Depuis quelques années, elle ne parvient plus à se mouvoir avec aisance jusqu’à ne plus pouvoir descendre les deux étages de l’immeuble et sortir dans la rue. “Je n’ai pas quitté la maison depuis huit mois. Mes déplacements se font de ce canapé à cet autre (posé à quelques mètres, ndlr)”, raconte-t-elle en kabyle, la seule langue qu’elle connaisse. “Avant, je faisais des kilomètres à pied. Mais maintenant, je ne peux plus marcher”, se plaint notre hôtesse. Hasnia était prédisposée génétiquement à l’embonpoint. Elle n’a toutefois pas pris au sérieux les premiers signes d’alerte, manifestés par quelques kilos en trop. Elle a été alors entraînée dans un cercle infernal : se goinfrer pour calmer les tiraillements d’un estomac insatiable et gagner, en conséquence, des kilogrammes indésirables. “Je mange tout ce qui me tombe sous la main, juste pour ne plus avoir faim”, raconte-t-elle avec une simplicité déroutante. Elle vit son état comme une fatalité qui l’accompagnera jusqu’au dernier jour de sa vie. “C’est un cas désespéré. Aucun traitement n’est efficace pour elle. Je passe une fois par semaine chez elle pour m’enquérir de son état de santé”, rapporte le Dr Lahlou, médecin spécialisé dans la prise en charge thérapeutique de l’obésité. Il s’inquiète aussi pour deux de ses enfants et deux petits-fils, plutôt bien en chair. Le Dr Lahlou exerce son métier dans la petite bourgade de Fréha. Il reçoit trois à quatre patients, par semaine, souffrant de problème de surpoids. La fréquence des consultations pour cette pathologie l’a incité à initier une étude sur le phénomène de l’obésité en Algérie. “J’ai commencé par ma propre fille, qui était en excès de poids”, explique-t-il. Après trois ans d’observation, il tire ses premières conclusions, qui sont, au demeurant, corroborées par la dernière étude nationale sur la population et la santé menée en 2006 par l’ONS et le ministère de la Santé et de la Population. Le taux d'obésité, dans le pays, caracole à 22%. Les femmes sont nettement plus vulnérables à la prise excessive de poids, notamment à l’approche de la ménopause.
La proportion est de 30% pour les Algériennes contre 9% de leurs compatriotes de sexe masculin. L’OMS, se référant à une étude internationale menée dans 63 pays fin 2007, donne des indications plus sévères pour la population algérienne, en classant 53% des femmes et 36% d’hommes dans la catégorie des personnes présentant, selon les normes établies, un excès de poids ou carrément de l’obésité. Le cabinet du Dr Lahlou enregistre 49 dossiers de patientes obèses pour un seul cas du sexe opposé. Il s’agit d’un jeune homme de 21 ans qui dépasse de loin les 100 kilos. “De nouvelles habitudes alimentaires, la sédentarité et l’hygiène de vie sont en cause dans la nouvelle tendance de la population à l’obésité. Mais en six ans d’exercice sur le phénomène, je peux dire que l’hérédité y est pour beaucoup”, soutient le praticien. L’adage populaire qui dit “il vaut mieux faire envie que pitié” illustre la propension des Algériens à considérer l’embonpoint comme un signe d’aisance financière, de bonne santé et surtout de bien-être. Pourtant, la surcharge pondérale induit des maladies graves, à l’instar de l’hypertension artérielle, le diabète, les accidents cardiovasculaires et les infarctus du myocarde, pour ne citer que les plus courantes. “L’obésité est un problème de santé publique aux États-Unis et c’est un signal d’alarme pour l’Algérie”, affirme le Dr Lahlou. Il recommande la prophylaxie pour éviter d’arriver au niveau des Américains, dont la majorité est obèse. “Il faut revenir à notre cuisine traditionnelle, faire de l’exercice physique, éviter la consommation abusive de sodas et surtout initier les médecins de l’hygiène scolaire pour faire le travail à la base”, précise notre interlocuteur. L’étude de l’ONS susmentionnée a révélé que 9,3% d’enfants de moins de 5 ans sont obèses ou en surpoids. La tendance est plus affirmée en zones urbaines et chez les gamins dont la mère a un niveau d’instruction élevé. “Il est impératif de préserver les enfants de l’obésité, car c’est une maladie invalidante”, prévient le Dr Lahlou. D’autant que la fragilité émotionnelle des enfants et particulièrement des adolescents peut les mener du surpoids à l’anorexie mentale et, par conséquent, à un déséquilibre psychique. Le risque est réel à une époque où le paraître a de l’importance. Le médecin, qui a été formé à la mésothérapie en France, utilise les kits minceurs de phytothérapie, le méso-drainage et la lipolyse pour éliminer, un tant soit peu, les kilos en plus. La thérapie s’accompagne automatiquement d’ un régime alimentaire adapté. “Je ne traite pas l’obésité sévère, car c’est contraignant autant pour moi que pour le patient”, reconnaît-il avec une pensée pour Hasnia. “Son cas me reste en travers de la gorge car je ne peux rien faire pour elle” témoigne-t-il, regrettant par là même l’indisponibilité sporadique des produits thérapeutiques et des aiguilles utilisées par l’acupuncture, autre méthode favorisant l’amaigrissement.

S. H.


22-07-2009
Liberté

Source : http://www.liberte-algerie.com/

 

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