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 CONTRACEPTION

22/9/2009

CONTRACEPTION

 

Les pratiques contraceptives étaient connues des anciens Arabes et les Docteurs de la Loi musulmane considérant que l'Envoyé de Dieu ne les ayant pas déclarées illicites (Harâm) durant la Révélation, celles-ci étaient admises en Droit musulman (fiqh).
Le point de savoir si l'accord des 2 conjoints est nécessaire ou non pour l'autoriser formellement a divisé secondairement les juristes.
Mais c'est AL GHAZALI qui, à la fin du XI ème siècle indique que malgré tout, la contraception (man'al haml) n'est pas conforme à l'esprit général et religieux du mariage (qui est la procréation), mais sans être nullement interdite, elle reste légèrement blâmable. Elle est néanmoins justifiée dans les suites de couches difficiles, et dans les cas où la santé, la beauté de la femme peuvent être altérées par la grossesse, de même si le nombre d'enfants ou l'impact économique d'une nouvelle natalité mettent en péril l'équilibre de la famille.
On connaît depuis l'antiquité égyptienne de nombreuses méthodes contraceptives. Certains Papyrus de (Berlin) remontant à la XII ème dynastie (-1750 A.C) regroupent sous la rubrique « pour éviter »  suivi du symbole phallique des méthodes contraceptives incluant des tampons cervico-utérins, des pessaires divers, des pâtes et onguents et des substances comme la gomme d'acacia, productrice d'acide lactique aux effets tout à fait spermicides avérés.
La contraception semble dès lors connues dans toutes les civilisations du bassin méditerranéen et la médecine des premiers encyclopédistes de l'Islam allait collecter des formules variées de méthodes et produits à usage féminin ou masculin, d'usage contraceptif ou préventif des M.S.T.

AVICENNE (980-1037) dans son célèbre Cânon de la médecine ne décrit pas moins d'une vingtaine de méthodes. Mais c'est Al Ghazali (1058-1111), qui après Razès semble avoir formellement décrit le « petit sac protecteur fait à partir d'un boyau » - sa dénomination de « protecteur » indique bien son usage surtout prophylactique.
En effet, comme on l'a vu, la pensée religieuse de l'Islam était moins orientée vers la contraception quoique permise, que vers la prévention et la prophylaxie sexuelle en matière de pathologie génitale du mari ou de la femme légitime.
La notion de femme légitime ressort du Coran (V-3, an Nissa) qui autorise la polygamie à condition d'être juste mais préfère la monogamie, autorise d'épouser une femme libre, ou esclave, musulmane chrétienne ou juive si elles sont croyantes sincères.
Certains liens de parentés interdisent de contracter mariage avec les nièces, les soeurs de lait, les très proches parents etc…
Les maladies vénériennes étaient connues et traitées par des onguents mercuriels ou soufrés et des instillations d'antimoine on conseillait alors l'abstinence sexuelle ou l'usage du « petit sac fait de boyau ».
Ce préservatif rudimentaire était donc tourné vers la prophylaxie de la contamination de la conjointe et son intérêt contraceptif est une conséquence seconde de son usage puisque des méthodes contraceptives plus courantes (acte interrompu) étaient largement connues (`azl) et licites avec moins d'inconvénients.
Mais cette autorisation et cette licéité ne concerne que les rapports conjugaux seuls reconnus licites dans l'Islam. Un aphorisme tiré de la Tradition indique : « le mari est pour la femme un préservatif et vice versa » (soyouti).
L'usage du Préservatif aujourd'hui est indiqué à titre prophylactique autant que contraceptive et son indication relève plutôt de la prescription médicale de thérapeutique sexuelle masculine préventive que d'usages à visée seulement contraceptive puisque les rapports hors illégitimes n'étaient pas permis.
En effet, si les docteurs de l'Islam ont vu d'un mauvais oeil l'usage du préservatif en tant que contraceptif dans des rapports extraconjugaux, il faut remarquer que le Coran, base absolue de la Loi musulmane, permet les rapports légitimes avec les personnes suivantes :
Coran IV-3 (An nisa)
« Il est permis d'épouser deux, trois, ou quatre parmi les femmes qui vous plaisent mais si vous craignez de n'être pas justes envers celles-ci alors n'épousez qu'une seule ou des esclaves que vous possédez ».
L'autre condition est l'accord des deux époux pour éviter la grossesse ou la maladie dans l'utilisation du préservatif.
Certes la maladie dans l'Islam est envoyée par Dieu qui pourvoira dans son infinie prescience au traitement de tous les maux, cependant l'humain doit veiller à la santé de son corps comme un hôte doit veiller sur son invité – puisque « les corps parleront à la Résurrection ».
Et s'il est interdit dans l'Islam de se jeter délibérément dans un danger évident donc de se meurtrir, de se rendre malade ou même de se donner la mort, il n'en est pas moins vrai qu'il est interdit de porter atteinte à la santé ou à la vie d'autrui, surtout une épouse innocente.
C'est dire l'embarras des médecins musulmans pour conseiller un préservatif (en arabe : al kiss al Waqy) pour un usage non strictement conjugal et seulement comme préventif du SIDA. La contraception la plus commune reste les oestroprogestatfs ou le stérilet.
Mais la prévention des MST et du SIDA si prévalants en milieu maghrébin sur les 2 bords de la Méditerranée ont imposé l'usage du préservatif en cas de pathologie sexuelle avérée, à fortiori si le contaminé est marié.
Dans les autres cas, les rapports extraconjugaux relèvent du « Zina », l'adultère condamné dans la Bible et le Coran, mais les faits sont là : des jeunes gens, des jeunes filles sont contaminées quelles que soient les règles éthiques qui prévalent dans leur religion, y compris l'Islam.
Aussi des campagnes ont lieu dans certains pays musulmans, y compris le Maghreb où l'information populaire de masse fonctionne à l'aide de plaquettes bilingues et de documents inspirés du « safer sex ».
Des équipes éducatrices, associatives ou de proximité médicale ou sociales essaient malgré les tabous religieux et les interdits prononcés d'amener les personnes à risque à davantage de
réalisme afin de ne pas ajouter à la culpabilisation d'un rapport illicite la responsabilité de contaminer en connaissance de cause une innocente.
Le Musulman doit vivre avec son temps

Références coraniques
Coran XVII-32 :
« Evitez la fornication, c'est une abomination et une voie pleine d'embûches… »
Coran IX-195 : «
Evitez de vous jeter dans un péril de votre propre fait ».
Coran IV-29 : « Ne soyez pas cause de votre propre mort ».
Coran 25-70
: « Ceux qui assassinent sans légitime défense et ceux qui commettent l'adultère seront comptables devant Dieu au Jour de la Résurrection ».
Coran 24-2 :
« La débauche des hommes et des femmes est interdite ».
Hadith : « Musulmans ! évitez la fornication car elle présente six inconvénients : trois en ce bas-monde : perte de la beauté du visage, raccourcissement de la vie, pauvreté permanente et trois dans l'au-delà :le courroux de Dieu, une mauvaise conscience et la déchéance infernale ».
Bûkhary : la fornication éloigne le croyant de la religion lorsqu'il la commet, mais s'il y renonce, la Foi lui reviendra.
Sagesse :
« Il n'est pas de maladie sans que Dieu ait prévu son remède.. »
Razès :
« La médecine n'est facile que pour les imbéciles. Les médecins sérieux découvrent toujours de nouvelles difficultés. »

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